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Crédit photo: Cambium

Emballages réutilisables en épicerie : l’analyse de Cambium

2 février 2026 | Par Bastien Durand

Récemment lauréate du Grand prix du design et lauréat du Prix Innovation du CTAQ 2025, l’entreprise québécoise Cambium travaille à rendre plus durable l’emballage, notamment en épicerie. Pour cela, l’entreprise réalise des tests en conditions réelles avec sa nouvelle gamme de produits lancée l’année dernière.

Comme l’indique Cambium dans son document de projet bien étayé, la pression réglementaire et financière liée à la fin de vie des emballages s’intensifie au Québec. La Responsabilité élargie des producteurs (REP) a amorcé sa modernisation et renforce son système d’écomodulation des contributions financières visant à encourager les emballages et les matières présentant un réel potentiel de circularité.

Un consensus à honorer

Dans ce contexte en évolution, l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA) constate une posture globalement favorable des épiciers face aux transformations en cours, tout en soulignant des préoccupations quant aux impacts sur les prix.

Interrogé sur la question, Samuel Bouchard-Villeneuve, directeur aux affaires publiques pour l’ADA, ne cache pas son intérêt pour les initiatives sur les emballages durables notamment afin de répondre à la pression liée aux obligations réglementaires des bannières en termes d’emballages.

« Le réutilisable pourrait même représenter un alignement différenciateur pour les épiciers qui choisiront de s’y engager. Cette transition suppose toutefois de la collaboration et une certaine uniformisation à l’échelle du territoire », estime-t-il. Pour les détaillants, bien que la charge de la REP soit supportée par les bannières, la réduction des coûts d’achat des emballages constitue un levier d’optimisation.

Du côté des consommateurs, la publication 2025 du Baromètre de la consommation responsable montre un écart significatif entre les intentions des consommateurs québécois et l’offre disponible. Plus de 85 % souhaitent réduire les déchets et les emballages. Par exemple, 30 % évitent régulièrement les emballages pour leurs achats de fruits et légumes. Toutefois, près de 50 % des consommateurs déplorent le manque d’offres favorisant la réduction à la source (tant en proximité qu’en diversité), et 43 % sont freinés par la nécessité d’apporter leurs propres contenants.

L’épreuve terrain

Pour chaque type de produits (viandes, poissons, fruits et légumes, boulangerie et pâtisserie, prêt-à-manger), Cambium identifie les différences dans les opérations de mise en rayon des produits concernés entre un emballage à usage unique ou réutilisable en prenant en compte les équipements nécessaires, l’impact environnemental, économique et l’adaptabilité des contenants. Une grille d’évaluation fait ressortir les potentiels pour chaque catégorie de produits.

Image tirée du magazine publié par Cambium

Une section sur la présentation des emballages réutilisables, qui jouent un rôle clé dans toute décision d’achat, est aussi développée. Comment signaler dans les allées et les rayons l’offre réutilisable ? Qu’en est-il des tablettes ?

Les freins sont quasiment inexistants pour mettre en œuvre à grande échelle des emballages réutilisables en épicerie, même si des ajustements sont nécessaires. « Le véritable défi se situe au niveau de la logistique, soit les étapes de collecte, lavage et la redistribution des contenants », estime Etienne Brizard, conseiller Approvisionnement responsable pour Metro.

Pour découvrir le magazine écrit par Cambium, c’est par ici. Avec ce projet, l’entreprise affiche vouloir transmettre des connaissances, inspirer l’action et outiller les détaillants alimentaires afin de favoriser l’adoption de pratiques plus durables en épicerie.