Développement durable : des stratégies pour vos magasins
Depuis 2012, Maillon Vert est un organisme qui aide les entreprises à trouver des solutions et des initiatives pour améliorer leur performance en matière environnementale. Marc-André Mailhot, président et fondateur de Maillon Vert, était venu faire un état des lieux des possibilités offertes aux commerces de détail alimentaire, lors des 25 ans du Comité sectoriel de main d’œuvre du commerce de l’alimentation (CSMOCA), en octobre dernier.
De nombreux commerces d’alimentation s’engagent et essaient, à leur échelle, d’apporter leur contribution, avec leur vision et leur concept. On peut penser à l’entreprise Les Fermes Lufa, fondée en 2009, une parmi les pionnières dans la région de Montréal alors qu’elle conçoit des serres urbaines et travaille en lien avec des producteurs locaux. Autre exemple, les épiceries vrac et zéro déchets qui ont fleuri dans la métropole ainsi que dans des villes secondaires au Québec.
Pour les plus grosses bannières, l’engagement se fait, entre autres, via des financements. Par exemple, les marchands IGA du Québec ont créé en 2008 Le Fonds Éco IGA, et ils y versent chaque année 1 million de dollars. Ce fonds est géré par le Jour de la Terre, un organisme qui accompagne les personnes et les organisations à diminuer leur impact sur l’environnement. Il finance « des projets concrets et axés entre autres, mais non exclusivement, sur la gestion des matières résiduelles, le gaspillage alimentaire et la mobilité durable ». À l’instar du géant Loblaws, la chaîne Metro travaille sur sa responsabilité d’entreprise et son impact social.
Les rapports de responsabilité sociale de ces entreprises montrent les différentes façons de faire et la multitude de projets qui participent au développement durable dans son ensemble. Les critiques diront que ces grands groupes se servent de ces initiatives pour redorer leur image.
« Pour mettre en place des stratégies, vous faites face, le plus souvent, à des freins dictés par vos priorités de gestionnaires », constate Marc-André Mailhot. Le manque de temps, de connaissances, les perceptions de coûts supplémentaires aussi parfois, font que travailler à réduire votre empreinte écologique passe au second plan ».
Voir le développement durable comme une opportunité
Les enjeux dans vos magasins sont liés à la main-d’œuvre, à l’instabilité de l’approvisionnement en produits locaux notamment et récemment, aux incertitudes liées aux relations avec notre voisin du Sud. Les données du baromètre de la consommation responsable le montrent d’années en années, les Québécois sont en demande : 70 % s’attendent à ce qu’une entreprise apporte une contribution positive à la société, 65 % apprécient qu’une marque s’engage à réduire son empreinte environnementale et 58 % jugent que les entreprises devraient réduire leur incidence sur l’environnement, même si cela doit se traduire par des prix plus élevés. Ce dernier constat se heurte malheureusement à la réalité du terrain et au coût de la vie qui augmente... en particulier l’alimentation.
Travailler pour une meilleure prise en compte de l’environnement dans la gestion de son commerce alimentaire entraîne des retombées positives, notamment pour la rétention de la main d’œuvre et votre image !
Vous ne savez pas par quoi commencer ? Voici quelques pistes de réflexions suggérées par Maillon Vert :
- Rapprocher votre offre des producteurs et entreprises de votre région, et communiquer sur ce que vous faites.
Il ne s’agit pas d’aller changer de fournisseur pour le producteur à côté de chez vous, incapable de combler vos besoins en fruits et légumes, mais d’identifier des canaux pour privilégier, dans la mesure du possible, des produits régionaux, et d’identifier ces sections dans votre magasin. L’identification locale est omniprésente, d’autant plus aujourd’hui, compte tenu des relations compliquées avec les États-Unis. On pense bien sûr au logo Aliments du Québec, mais il y a aussi toutes les tables agroalimentaires en région qui travaillent à la mise en avant de produits québécois, comme la Zone Boréale au Saguenay Lac Saint-Jean ou encore Saveurs du Bas Saint-Laurent.
Un des exemples les plus intéressants est le travail du magasin IGA de la Famille Duchemin et son espace maraîcher sur le toit du magasin. Son offre Frais du Toit est mise en avant chaque jour dans la section fruits et légumes.
- Développer une offre de produits alternatifs
- Lutter contre le gaspillage alimentaire en travaillant avec des organismes d’anti-gaspi (Improove, Too Good To Go, La Transformerie, etc.) ou en utilisant vos propres canaux
- Réduire les emballages des produits (fruits et légumes, par exemple)
- Adopter des modes de livraison durables (de plus en plus le cas même pour les grosses bannières)
Une palette d’initiatives sont possibles allant de l’achat responsable à la réduction de votre consommation d’énergie en magasin (éclairage et réfrigérateurs notamment).
Avant de définir votre stratégie, un diagnostic préalable sur vos pratiques est nécessaire pour élaborer un plan d’action à votre échelle. Engagez votre équipe et faites rayonner vos accomplissements !