EPIK eats augmente sa présence en épicerie
Récompensée par le Prix Or dans la catégorie Petite entreprise, une distinction lors de la 6e édition du Match Dux et le Prix Coup de cœur du public, tout cela pour ses nouilles de soya, Dan Su, à la tête de la scale-up EPIK eats, s’est fait remarquer lors du Gala Dux, le 12 février dernier, en donnant un discours de remerciement en français, sa quatrième langue. Évidemment, ce sont la qualité de son produit et la croissance rapide de son entreprise qui ont surtout retenu l’attention.
« Je voulais faire quelque chose de bien pour la société, pour les gens, et leur donner accès à de bons produits, santé, abordables, 100% végétal, sans gluten, et je pense sincèrement que le marché a besoin d’un produit comme le nôtre », explique la co-fondatrice et CEO EPIK eats.
« On vient combler ce vide dans le marché »
Quitter une carrière prometteuse très bien rémunérée pour une tout autre aventure professionnelle incertaine, c’est ce qu’a osé cette Chinoise d’origine, venue étudier à McGill en droit. Motivée à faire une différence dans le marché de l’agro-alimentaire, elle croit alors au potentiel de son concept.
Ce qui la « drive », comme elle le dit, depuis le début de son projet ? Donner plus de choix aux consommateurs à la recherche d’une alimentation saine et riche en protéines, avec des ingrédients simples et des valeurs nutritives. Elle déplore un manque de diversité de produits prêts-à-cuisiner à base de plantes sur les tablettes des épiceries.
« D’un côté, il y a les blocs blancs de tofu dont les gens ne savent pas quoi faire parce que ce n’est pas dans leur culture et qu’ils n’ont pas, comme moi, grandi avec, et de l’autre, il y a plein de produits ultra-transformés, et pas grand-chose au milieu. Donc, nous, on vient combler ce vide dans le marché », observe l’entrepreneure.
Son objectif : offrir une alternative nourrissante au coût accessible, dans un format pratique et attractif. « Tout le monde mange et aime les pâtes italiennes. Alors j’ai eu l’idée de transformer le soya en Linguine, parce que visuellement, c’est une forme familière qui fait partie des habitudes alimentaires des gens », raconte Dan Su.
Un produit certifié Aliments du Québec
« Quand on a démarré notre compagnie, on s’est dit qu’on allait devenir un joueur dominant nord-américain, mais en restant une compagnie fièrement québécoise. On a tout de suite vu l’opportunité d’utiliser la fève de soya du Québec (et non-OGM), parce qu’elle est produite en grande quantité au Canada, mais la majorité est exportée vers l’Asie », souligne la fondatrice.
La matière première étant disponible ici, la startup décide de se doter d’équipements à la fine pointe. La transformation se fait donc en toute autonomie, de A à Z, dans son usine d’Hochelaga, de la fève à la pâte, avec très peu d’ingrédients, comme l’eau et un coagulant.
« On a voulu tout automatiser pour avoir une constance, une qualité égale du produit fini, mais à condition d’obtenir un rendu artisanal. Grâce à l’automatisation, on réduit aussi le coût de la main-d’œuvre et on évite les erreurs humaines. On n’a pas hésité à investir dans la technologie et on a vu plus grand dès le départ, et donc, on est maintenant à seulement 40 % de notre capacité de production », précise-t-elle.
Après un an et demi de commercialisation, la marque EPIK eats est référencée chez Metro (son premier distributeur, toujours à l’affût de nouveautés), Avril et de nombreuses épiceries indépendantes. « Notre revenu mensuel aujourd’hui est plus de 20 fois plus élevé comparé à ce qu’il était à nos débuts. Et c’est sans compter notre nouvelle entente avec IGA qu’on vient juste de signer », remarque Dan Su.
Produit unique au Québec, les nouilles au soya ne semblent pas exister à la grandeur du pays. « J’étais à Vancouver il y a que quelques jours, je suis allée dans plusieurs marchés et je n’ai rien trouvé de semblable », assure la femme d’affaires.
Un réseau de distribution à construire
Chose certaine, ses premières expériences de travail lui ont été très utiles pour se lancer. Après dix ans à titre d’avocate suivis de deux années au sein d’une compagnie de capital de risque qui investissait dans les entreprises en démarrage, elle était préparée.
« J’ai réussi à aller chercher des investisseurs qui ont cru en mon projet. Je savais que ça allait être difficile, mais quand il arrivait quelque chose d’imprévu, je n’étais pas surprise et j’étais déjà en mode solution. Quand tout est très tranquille et qu’il n’y a pas de soucis, je trouve ça bizarre », sourit-elle.
Cette année, l’entreprise se concentre sur le développement de son réseau de distribution à l’échelle nationale. À l’avenir, Dan Su, appuyée par son équipe d’une vingtaine de personnes, a l’ambition de séduire le voisin du Sud pour inciter la population à mieux manger et répondre à ses préoccupations sur la santé.
Au fil des mois, d’autres produits prêts-à-cuisiner se sont ajoutés à la marque et le Tofu fumé façon smoked meat, le Tofu fumé façon rôtisserie et les Linguine nouilles de soja se hissent au palmarès des meilleurs vendeurs.
Aujourd’hui, d’autres innovations sont en préparation et des pourparlers sont en cours avec des restaurants (et mêmes des institutions) parce que « personne ne devrait avoir à choisir entre le bon goût, de vrais ingrédients et la simplicité de la cuisine à base de plantes », peut-on lire sur le site de EPIK eats.