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Crédit photo: Istock
||| Économie

Est-ce qu’un détaillant étranger peut s’implanter au Canada ?

15 juillet 2024 | Par Bastien Durand

Le Bureau de la concurrence Canada a publié en juin 2023 un rapport indiquant qu’il était souhaitable que le secteur de l’épicerie puisse être plus concurrentiel qu’il ne l’est aujourd’hui, soulevant la « concentration » de celui-ci entre cinq joueurs majeurs (Loblaws, Metro, Sobeys, Walmart et Costco) qui accaparent 74% de la part de marché du détail.

« La concurrence pousse les entreprises à innover, à améliorer les produits et les services qu’elles offrent et à améliorer l’efficacité de leurs activités. Lorsque cela arrive, les consommateurs bénéficient d’un plus grand choix, de biens et de services de meilleure qualité et de prix plus bas », peut-on lire dans le rapport.

Le ministre canadien de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne examine donc des projets. Le Wall Street Journal avait rapporté qu’il courtisait une douzaine d’entreprises européennes et américaines dont les chaînes allemandes Aldi et Lidl et la chaîne américaine Grocery Outlet Holding.

Le coût de l’implantation

Il faudrait des investissements d’envergure avant de pouvoir concurrencer les bannières déjà implantées dans un pays vaste et peu densément peuplé. « Quel serait leur retour sur investissement ? questionne sur CBC Kevin Grier, consultant et analyste du marché du bétail. Je ne suis pas sûr qu’il y ait beaucoup, d’excès à engranger pour un joueur étranger ».

Le coût pour mettre en place une chaîne d’approvisionnement dans tout le pays serait gigantesque, soulève Jordan Lebel, professeur de marketing alimentaire à l’Université Concordia. Par ailleurs, les liens établis avec les fournisseurs permettent aux entreprises déjà implantées de payer moins cher pour leur commande en gros. Difficile pour un nouvel entrant d’avoir le même type de relation selon lui.

Pour Sylvain Charlebois, « Les joueurs comme Lidl et Aldi suivent les nouvelles au Canada. On voit que d’un côté, il y a une culture de fixation de prix, et de l’autre, on est constamment en train de convoquer les PDG [des entreprises en alimentation] à Ottawa pour qu’ils expliquent pourquoi ils font trop d’argent », avait commenté Sylvain Charlebois, directeur scientifique du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie sur TVA Nouvelles.

La marque américaine Target, qui a essayé de rentrer sur le marché en 2013, en est parti en 2015 ayant du mal à opérer à l’échelle et devant lutter contre la perception qu’elle était plus cher que ses concurrents, indique Kevin Grier.

Le problème de l’accessibilité

Avec plus de 6400 détaillants indépendants au pays, La Fédération canadienne des détaillants indépendants incite le gouvernement à regarder surtout le problème de l’accessibilité. Elle souligne que certaines villes canadiennes comptent des « déserts alimentaires », c’est-à-dire des zones où l’accès à des aliments frais et sains est limité en raison du manque de magasins d’alimentation ou d’options disponibles. Pourquoi ne pas faire aussi appel à eux ?

Mots-clés: grande bannière
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