Le détail alimentaire bénéficie légèrement du désir d’économiser des ménages
Plus du tiers des Canadiens estiment que leur situation financière s’est détériorée au cours de la dernière année et cela affecte leurs dépenses alimentaires, selon les données compilées par NielsenIQ et présentées lors de l’évènement Évolution tenu la semaine dernière par notre média jumeau HRImag.
Si bien que près d’une personne sur cinq dit avoir eu à sauter des repas pour des raisons financières au cours de la dernière année. Par contre, ce portrait n’est pas tout noir pour les détaillants alimentaires, loin de là. Il s’est transposé en une légère augmentation des ventes au cours de la dernière année puisque plusieurs consommateurs ont opté pour une réduction de leurs sorties au restaurant.
Cuisiner plus…
La tendance s’est particulièrement fait ressentir sur les ventes de produits du centre du magasin alors qu’un nombre grandissant de consommateurs retrouve le plaisir de cuisiner. Au Québec, cela s’est fait sentir par une augmentation des ventes d’huiles de cuisson de 10 % et des épices de 5 %.
Le marché de la cuisine à la maison reste toutefois très influencé par les tendances déployées sur les réseaux sociaux et notamment sur TikTok, ce qui cause des problèmes de prévisibilité pour les détaillants.
« Il suffit qu’une semaine une vidéo d’une recette à base de fromage cottage devienne virale et soudainement on se retrouve avec une pénurie de fromage cottage un peu partout », a notamment illustré Francis Parisien, vice président département PME et analyste chez NielsenIQ, durant l’évènement Évolution du 11 novembre dernier.
La pâtisserie et les autres formes de desserts sont parmi ces recettes qui ont le potentiel de devenir virales sur les réseaux sociaux, ce qui se traduit aussi dans les volumes de ventes.
Toujours selon les données de NielsenIQ, les ventes d’aides à la pâtisserie, une catégorie qui rassemble les différents types de levures, ainsi que la poudre à pâte, ont augmenté de 15 % au cours de la dernière année, au Québec. Les ventes de farines ont gonflé de 3 % tout comme celles des miels. Les ventes de pépites de chocolat ont augmenté de 4 %, comme celles de fruits confits, pendant qu’il se vendait 6 % plus de sirop d’érable.
Par contre, les consommateurs restent soucieux de faire des choix santé, surtout lorsqu’ils cuisinent eux-mêmes. C’est une personne sur cinq qui souhaiterait manger plus sainement, selon les données de NielsenIQ. Une tendance qui se reflète dans les ventes de sucre raffiné qui ont diminué de 1 % malgré ce grand retour de la pâtisserie dans les cuisines des Québécois.
… tout en priorisant la facilité
Cette tendance à cuisiner chez soi ne veut pas non plus dire que les consommateurs se détournent des options faciles. Bien au contraire, la catégorie du prêt-à-manger a connu globalement une croissance de 6 % au Québec durant la dernière année.
Les Québécois soucieux de sauver du temps continuent de s’approvisionner en pizza congelée (+9 %), en sushis préparés (+9 %) et en poulets précuits (+7 %).
Malgré cette croissance de plusieurs catégories de produits, les détaillants alimentaires ne doivent pas perdre de vue la tendance générale des consommateurs : garder le contrôle des dépenses alimentaires. Comme toujours lorsque la situation économique se resserre, les gens vont être très influencés par les rabais et autres opportunités d’économiser.
Toutefois, à noter que la tendance des derniers mois montre qu’un nombre grandissant de personnes reste soucieux d’éviter de gaspiller des aliments. Les grands formats sont ainsi moins privilégiés. Les gens semblent également moins enclins que par le passé à se laisser influencer par des rabais groupés, surtout lorsque ceux-ci permettent des économies relativement marginales.