Le réchauffement climatique fait flamber le prix des aliments
Une nouvelle étude publiée dans Environmental Research Letters démontre que la hausse des températures et, plus précisément, les évènements de chaleur extrême comme les canicules prolongées, ont un effet « direct » et « important » sur le prix des aliments à l’échelle locale et sur les marchés internationaux.
En 2024, année la plus chaude jamais enregistrée où les températures globales ont, pour la première fois, dépassé de 1,5 degré la moyenne préindustrielle, les chercheurs ont identifié huit évènements où de fortes températures ont à elles seules mené à une inflation marquée du cours de certains aliments.
Par exemple, une canicule prolongée qui a frappé la Corée en août 2024 est directement responsable d’une hausse de 70 %, en un an, du prix du chou dans le pays, et à une augmentation significative de son prix dans toute l’Asie.
Une autre canicule survenue en février dans l’ouest de l’Afrique a aussi fait augmenter de 280 % le cours du cacao à l’échelle internationale. Le café a également été affecté alors que des épisodes de chaleur au Brésil et au Viet Nam ont fait doubler le prix du grain en six mois seulement.
Des effets à long terme sur la consommation
Une étude démontre que ces évènements devraient devenir plus fréquents et plus intenses d’année en année. Les auteurs de l’étude préviennent qu’ils risquent même de modifier les habitudes de consommation des personnes à faible et moyen revenu, au cours des prochaines années.
En effet, les changements climatiques devraient mener à des hausses significatives, cumulatives et persistantes du prix de la majorité des fruits et légumes. Ces aliments pourraient devenir trop coûteux pour une part grandissante de la population qui pourrait se rabattre sur des options alimentaires moins intéressantes au niveau des nutriments, malgré les risques pour leur santé.
Aussi, le prix de certains produits comme l’huile d’olive, qui a déjà été fortement influencé par les sècheresses dans les dernières années, pourrait grimper encore davantage. Conséquence : les agriculteurs des régions où l’on en fait la culture se tourneront vers d’autres cultures moins vulnérables à la chaleur.
Les étalages de demain risquent ainsi de se transformer. Certains fruits et légumes dont la culture demande des températures modérées et une grande quantité d’eau vont être remplacés par d’autres aliments, mieux adaptés à une planète qui se réchauffe.