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Crédit photo: Pixabay - Stevepb

Resserrer son budget ou sa ceinture : les deux principaux comportements à l’épicerie en 2026

20 janvier 2026 | Par Francis Hebert Bernier

Le portrait de la consommation alimentaire au pays est en train de se transformer sous l’effet de deux forces opposées. Alors que la prise de médicament pour perte de poids pousse une partie de la population à consommer de petites quantités d’aliments riches en nutriments, une autre, plus soucieuse de ses dépenses, reste guidée par les prix.

L’utilisation des médicaments GLP-1, mieux connus sous les noms commerciaux d’Ozempic et Wegovy, n’est pas encore aussi populaire au Canada qu’au sud de la frontière où un adulte sur huit en consommerait pour perdre du poids. Toutefois ils sont déjà bien présents au pays et tout indique que ce n’est qu’une question de temps avant que la vague ne gagne le pays et le reste du monde.

Santé Canada a approuvé pour la première fois le 6 janvier dernier une version en pilule de ce médicament qui, jusqu’à maintenant, n’était disponible au pays que sous la forme d’injectables, ce qui en ralentit l’adoption selon plusieurs experts. La version approuvée n’est offerte que pour le traitement du diabète, mais il se pourrait qu’une autre version destinée à la perte de poids soit commercialisée avant la fin de l’année.

Plus de protéines, moins de sucre et de gras

Les personnes qui commencent à prendre ces médicaments vont réduire considérablement la quantité de nourriture qu’elles ingèrent, ce qui les force à consommer des aliments très riches en nutriments pour subvenir à leurs besoins.

Les produits enrichis en protéines ont déjà vu leurs ventes augmenter considérablement aux États-Unis, portées par la popularité des GLP-1 et par la perception favorable des consommateurs, qui associent ces produits à des bénéfices pour la santé.

À l’inverse, ces consommateurs tendent à s’éloigner de produits comme la crème glacée, les pâtes alimentaires et le riz, car ils offrent surtout comme avantage de couper la faim, sans grands apports nutritifs.

Deux profils de consommateurs

Cela dit, il ne faut pas s’attendre à un effondrement de la consommation de riz et de pâtes dans les prochaines années. Au contraire, leur popularité pourrait être soutenue par le désir d’une partie de la population de réduire ses dépenses alimentaires dans un contexte où elle peine à boucler ses fins de mois.

En fait, l’avantage de ces produits pour ceux qui tentent d’économiser est la raison même pour laquelle ils sont peu attractifs pour les consommateurs de GLP-1 : ils permettent de se sentir rapidement rassasié.

On observe le même phénomène du côté des emballages. Les utilisateurs de GLP-1 privilégient des produits en plus petites portions et des formats réduits. Ils accordent aussi une plus grande importance aux valeurs nutritives et à la qualité des produits. Parallèlement, les emballages au « format familial » et les produits grand format destinés à être congelés n’ont jamais été aussi populaires.

La prise de ces médicaments coûte de 200 à 400 dollars par mois. Ils sont donc, pour l’instant, utilisés principalement par une frange plus aisée de la population, moins sensible au prix dans ses décisions d’achat. Une situation qui pourrait changer au cours des prochaines années puisque le brevet sur la molécule ouvre la porte au développement de versions génériques moins coûteuses. Il faudra toutefois attendre un bon moment pour que ces médicaments génériques passent à travers le processus d’approbation de Santé Canada.

Cette dynamique se reflète déjà dans le commerce de détail alimentaire aux États-Unis. En 2025, les deux segments ayant enregistré les meilleures performances étaient les épiceries à rabais et les épiceries haut de gamme, laissant les épiciers traditionnels en quelque sorte pris entre deux segments de marchés.

Une tendance qui devrait s’étendre au Canada et ailleurs dans le monde au cours des prochains mois, à mesure que l’utilisation des GLP-1 continue de progresser.

Mots-clés: épicerie
Canada